2009-03-05

La pensée critique en Éducation

"La pensée critique est au fondement même de toute liberté." (Vigneault, 2003)

Nous sommes à l’ère des idéologies de mondialisation et de multiculturalisme. Dans ce nouveau monde caractérisé par des changements sociaux radicaux, un monde en pleine mutation où apparaissent des concepts tels la citoyenneté multiculturelle et la démocratie participative, l'éducation à la citoyenneté prend de plus en plus d’importance. Selon Vigneault, ce sont la conscience et la compétence du citoyen (conscience historique, politique, morale, psychologique, etc.) qui rendent le citoyen « bon », c’est-à-dire qu’il n’y a pas « de bon citoyen que de citoyen éclairé », conscient.

Ainsi, comme la citoyenneté ne va pas de soi, il est devenu nécessaire de former l’individu à l’exercice et à la pratique de la vie civique : il faut le lui enseigner, le former à la compétence et à l’exercice de la pensée critique afin qu’il se reconnaisse dans et par sa communauté, et qu’il comprenne ce dont il est tributaire par ce sens d’appartenance à une communauté : ses droits et ses devoirs.

Pour ce faire, l’individu éclairé fera preuve de pensée critique. Vigneault définit la pensée critique comme une capacité de penser par soi-même, qui dépasse le préjugé et l’opinion; elle n’est pas immédiate et respecte le principe de la non-contradiction (« Les bottines suivent les babines »). Elle est alimentée par l’étonnement, le doute. La pensée critique est un dialogue : elle se caractérise par deux types de dialogue, l’un interne (la réflexion), et l’autre avec autrui.

Vigneault nous trace certainement l’importance, voire l’urgence, d’établir une forme d’éducation à la citoyenneté et il fait aussi un excellent travail à décrire la pensée critique et la place de choix qu’elle doit occuper en éducation. Par contre, et c’était à s’y attendre vue la portée plus philosophique de l’élaboration de sa pensée, il nous laisse sans vraie réponse sur le « comment » l’enseigner… Il dit : « on ne peut pas forcer ou conditionner à la pensée critique », que « …la pensée critique se prête très mal aux stratégies pédagogiques car elle a pour fonction, notamment, de les questionner. »

Finalement, il nous laisse plutôt avec cette question : « Peut-on adopter une pédagogie qui favoriserait son développement (de la pensé critique) dans le respect de ses limites? ». Ainsi, devrions-nous enseigner la pensée critique et risquer de former des citoyens « critiques et éclairés », mais qui risquent aussi de devenir de plus en plus désillusionnés et désengagés face aux devoirs de citoyens qui leur incombent (p. ex : payer ses impôts, voter, respecter les codes prescrits, etc.)?

Source : La formation du citoyen : une perspective philosophique (Vigneault, L., 2003)
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