2009-02-15

Travail 1 - Question 2

Texte :
De la pédagogie traditionnelle à la pédagogie nouvelle (p.45)

Question 2 : En vous basant sur ce texte et sur votre expérience personnelle et professionnelle, analysez la tension entre la tradition et la nouveauté dans les pratiques éducatives au NB.


Réflexion 2 : Dans son texte De la pédagogie traditionnelle à la pédagogie nouvelle, Clermont Gauthier nous présente la pédagogie traditionnelle comme « une pratique de savoir-faire conservatrice, prescriptive et ritualisée », qui, rendue au XIXe siècle, est « caractérisée par un souci d’efficacité toujours plus grand » (emprunté au modèle économique).

Au XXe siècle, alors que la science (telle la psychologie de l’enfant) prend une place de plus en plus prépondérante, l’école nouvelle devient plus à l’écoute des besoins et des champs d’intérêt de l’enfant : on fait appel à l’observation et à l’expérimentation objective. La science de l’éducation nait.

Conséquemment, le rôle de l’enseignant commence à changer graduellement : il passe de celui du « maitre », où tout était centré sur des contenus à transmettre, à celui d’enseignant-guide, qui accompagne l’enfant dans ses apprentissages.

Gauthier explique que ce passage d’une pédagogie à l’autre s’opérait avec une tension certaine entre les deux schèmes de pensées, la nouvelle étant souvent en opposition avec la traditionnelle : mais est-ce que le passage est vraiment complété et les tensions disparues?

Aujourd’hui, dans de nombreuses classe au NB, force est de constater que ce passage est encore incomplet. De nombreuses évidences nous amènent à conclure que « les bottines ne suivent pas les babines »! Je m'explique: le discours des enseignants est assez unanime sur le fait que l’enfant doit être au centre de ses apprentissages, que l’affectif doit venir avant le cognitif (respect des rythmes, des situations, des habiletés, des motivations, etc.), qu’il faut bien connaître les besoins des jeunes, ses champs d’intérêt, et bla, bla, bla… Aujourd’hui, tous les enseignants ont été formés avec ces nouvelles évidences pédagogiques et psychologiques, et epuvent les réciter par coeur. Par contre, dans le quotidien, il est malheureux de constater que ces discours "politiquement corrects" ne se traduisent pas toujours par des actions concrètes de la part des enseignants.

Par exemple, il n’est pas rare de constater que l’enseignement est organisé en fonction des besoins de l’enseignant, que sa responsabilité est de transmettre des savoirs que les élèves doivent apprendre, trop souvent sans grande signifiance ou logique, et qu’ils doivent « régurgiter » à l’examen (interne ou externe). L’enseignant est au centre de l’enseignement, de l’apprentissage et de la gestion de la classe et de l'école : il a tous les pouvoirs.

Je crois sincèrement que les connaissances de la pédagogie nouvelle, renouvelée, ne se sont pas encore traduites en comportements cohérents et conséquents : incompatibilité des savoirs et des savoir-faire. Ce qui déstabilise le plus, c’est cette question de pouvoir et d’égo : la peur de la perte de contrôle!

Il faut dire que le système éducatif ne fait rien pour encourager les enseignants à porter plus d’attention aux besoins des élèves : les programmes d’études sont trop remplis, les évaluations externes et standardisées ajoutent un stress énorme sur les enseignants, l’intégration et les classes surchargées, le manque de ressources matérielles, et j’en passe, font que les enseignants se campent dans une façon traditionnelle d’enseigner, tout en sachant qu’ils devraient faire différemment, sans trop savoir comment briser le cycle. Est-ce que la nouvelle tendance à la reddition de compte amène un élément positif pour ces enseignants ou devient-elle un élément de plus qui finit de les « gommer » dans leurs anciennes façons de faire? Un temps d’arrêt serait peut-être nécessaire? Une analogie de Richard Dufour (Communautés d’apprentissage professionnelles) me revient : c’est comme « essayer de changer le moteur d’un avion en plein vol »!

Pour ma part, j’ai bon espoir que l’attention croissante récente portée aux résultats et à la responsabilisation collective de la performance des élèves d’une école devrait « gentiment » forcer la collaboration et amener les enseignants à revoir leurs pratiques pédagogiques afin d’en adopter de nouvelles, plus respectueuses des théories scientifiques qui soutiennent la pédagogie nouvelle.

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